La migraine chez les enfants : comment la gérer ?

Publié le : 15 octobre 20207 mins de lecture

Environ 10 à 15 % de la population souffrent de migraines. Elle peut se manifester dès l’enfance, souvent seulement sous forme de douleurs abdominales et de nausées. Les garçons et les filles sont touchés de la même manière. Après la puberté, les femmes souffrent trois fois plus souvent de migraines que les hommes. La migraine se manifeste entre 20 et 30 ans. Les symptômes sont les plus prononcés entre 40 et 50 ans, et souvent ils s’atténuent ou même disparaissent complètement à un âge plus avancé.

Migraine : qu’est-ce que la migraine ?

La migraine est une maladie du cerveau. Là, les centres de traitement de la douleur sont activés et les neurotransmetteurs, messagers de la douleur sont libérés. Celles-ci entraînent une réaction inflammatoire stérile dans les vaisseaux sanguins des méninges. Les pulsations dans les vaisseaux sanguins entraînent un étirement de la paroi inflammée des vaisseaux, ce qui explique également le caractère de douleur pulsatile typique de la migraine. D’un point de vue scientifique, la migraine est génétiquement prédisposée. Environ deux tiers des patients ont d’autres parents qui souffrent de migraines.

Les symptômes typiques de la migraine sont les suivants :

– La migraine commune

Il s’agit le plus souvent d’enfants dont les parents souffrent aussi de migraines. Ce sont souvent des enfants anxieux, tendus, perfectionnistes, travailleurs, assidus et consciencieux. La plupart des auteurs sont d’accord pour noter l’ instabilité végétative et l’émotivité particulière de la majorité de ces enfants. Cette tendance particulière expliquerait les symptômes abdominaux : douleurs abdominales, nausées, etc.

  • Des signes prémonitoires sont inconstants : des fourmillements, un malaise épigastrique évoquant un mal de mer, de vagues douleurs abdominales, des bâillements insolites, une anxiété préviennent l’enfant de l’imminence de la crise ; 
  • La céphalée survient ensuite, souvent frontale, rétro-oculaire derrière les yeux et bilatérale. La douleur unilatérale appartenant à la définition de la migraine est rare avant 10 ans. L’enfant se plaint souvent d’une douleur à la pression du crâne ; 
  • Les nausées et les vomissements surviennent et calment souvent la céphalée.

L’enfant recherche l’isolement et l’obscurité puis il s’endort et au réveil ne souffre plus.

– Les migraines accompagnées

Il s’agit de symptômes neurologiques associés à la céphalée et provoqués par le même orage vasomoteur cérébral. La migraine ophtalmique est très typique. L’enfant voit des points brillants, des cercles mobiles disparaissant et réapparaissant sans cesse, des images brouillées. Les troubles visuels sont parfois plus complexes : l’enfant n’apprécie plus les distances ou voit les objets déformés, plus petits ou plus grands qu’ils ne le sont en réalité. Ces troubles visuels durent 10 à 20 minutes et sont accompagnés d’un malaise général et de douleurs abdominales ou épigastriques. La céphalée survient ensuite d’intensité très variable. Il n’y a pas de perte de connaissance contrairement à certains signes visuels prémonitoires de durée bien plus courte qui annoncent certaines formes d’épilepsie. L’enfant jeune décrit mal ces difficultés visuelles et parle souvent de vue brouillée.

D’autres troubles neurologiques très impressionnants peuvent accompagner la migraine :

  • Les paresthésies sont des sensations d’engourdissement intéressant la main (débutant souvent au niveau du 5° doigt) et donnant une impression de doigts engourdis, morts. Les paresthésies peuvent gagner ensuite la bouche et la langue ;
  • Des troubles du langage sont possibles ;
  • De nombreux enfants ressentent une impression de déséquilibre au moment de leurs migraines. Ces vertiges pourraient être une forme particulière de migraines lorsqu’ils ne sont pas suivis de céphalées.

La migraine ophtalmoplégique concerne les enfants qui présentent d’abord des céphalées et ensuite, 3 à 5 jours plus tard, des paralysies oculaires avec chute de la paupière,  vision double, dilatation de la pupille. Ces troubles sont régressifs en quelques semaines mais récidivants. Les examens complémentaires et notamment les artériographies s’avèrent normaux. Les migraines hémiplégiques familiales sont très rares : il s’agit d’hémiplégies récidivantes débutant dans l’enfance et se manifestant après l’accès migraineux.

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Autres formes de migraines de l’enfant

Un certain nombre de syndromes sont étudiés dans les migraines bien que cette classification soit discutée. C’est le cas des accès douloureux abdominaux paroxystiques de l’enfant, associés ou non à des céphalées et pouvant ou non alterner avec elles. L’apparition plus tard de migraines typiques et l’existence d’antécédents familiaux font parler d’équivalents migraineux devant ces symptômes. La migraine associée à des maux de ventre est fréquente entre 3 et 7 ans. Il s’agit de douleurs abdominales d’apparition brutale, ressenties dans la zone entourant le nombril. Elles s’accompagnent de pâleur, de sueurs, de nausées et de vomissements. L’association à des céphalées est de grande valeur pour le diagnostic. Il n’y a pas de fièvre et l’examen clinique est totalement négatif. Il en est de même pour les vomissements cycliques de l’enfance toujours imparfaitement expliqués. La migraine peut être très bien contrôlée, surtout chez les enfants et les adolescents, si elle est reconnue et traitée à temps. Dans la médecine traditionnelle chinoise, même les bébés et les nourrissons sont acupuncturés, ou alors un laser d’acupuncture peut être utilisé. Le massage classique Tuina et la méthode de détoxification Gua Sha sont également utilisés avec beaucoup de succès.

Traitement de la migraine chez l’enfant

– Le traitement de la crise

  • Repos au lit dans l’obscurité ;
  • Anti-inflammatoires non stéroïdiens.

Les anti-migraineux sont plus spécifiques : triptans par voie orale, inhalée ou en suppositoires peuvent être administrés à partir de l’âge de 12 ans. Pour un traitement efficace, une consultation médicale est indispensable, attention à l’automédication qui peut être inutile voire aggraver la migraine sur le long terme. 

– Le traitement de fond

Il est réservé aux crises fréquentes et très invalidantes. Le médecin peut prescrire le pizotifène, le vérapamil ou le propanolol. L’enfant peut mener une vie normale et pratiquer tous les sports qu’il désire. Il n’y a pas de régime alimentaire particulier mais on peut supprimer les facteurs déclenchant supposés responsables : chocolat, produits laitiers, alcool chez les adolescents, insuffisance ou excès de sommeil.

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