La violence subie par les enfants : les effets sur le cerveau.

Publié le : 15 octobre 20207 mins de lecture

Des psychologues, des neurologues et des psychiatres se sont exprimés sur les effets cognitifs de la violence subie par les enfants. De nombreux psychologues affirment que le traitement psychologique ne devrait pas tenir compte des données présentées par les diverses disciplines qui soutiennent l’étiologie organique des troubles, puisque les aspects organiques ne sont pas de la responsabilité des psychologues en matière de traitement.

Cependant, il est de votre devoir de pouvoir compter sur le plus d’informations possible. Par exemple, si plusieurs études montrent que diverses personnes ayant subi des violences dans leur enfance présentent une déficience de leurs capacités motrices, ces informations peuvent être très précieuses pour comprendre certains comportements.

Le chemin vers une vie autonome est probablement différent pour les personnes présentant des altérations organiques ou neurochimiques spécifiques. Par exemple, vous savez que diverses études présentent des données qui appuient l’hypothèse selon laquelle les personnes victimes d’abus et de maltraitance des enfants ont un développement cérébral anormal.

Études sur la violence subie par les enfants : les signes sur l’ADN et sur le cerveau.

Plusieurs études ont mis en évidence les effets de la violence infantile sur l’ADN et le cerveau. Ils ne déterminent pas s’il s’agit de signes irréversibles, car ces données relèvent davantage du domaine de l’intervention thérapeutique.

Les recherches approfondies sont les plus importantes, pour conclure par une étude finale publiée. Il met en évidence l’intégrité de toutes les données recueillies jusqu’à présent sur ce sujet.

Violence subie par les enfants : études menées au Canada.

Un groupe de chercheurs de l’Université McGill à Montréal a publié un article dans la revue Science et Vie sur les conséquences génétiques des abus sexuels sur les enfants. L’étude affirme que l’abus sexuel des enfants est associé à un risque accru de dépression à l’âge adulte.

Loin d’être seulement psychologique, cette fragilité est aussi génétique, plus précisément épigénétique. Cet aspect a été découvert par le groupe de recherche de l’Université McGill à la suite d’une étude sur le cerveau de 24 victimes de suicide, dont 12 avaient subi des abus sexuels dans leur enfance.

Ces dernières données ont montré un effondrement de l’expression du gène NR3C1 impliqué dans la réponse au stress. Une anomalie qui explique la vulnérabilité et la tendance accrue au suicide.

Vous saviez déjà que le contexte pouvait affecter les gènes, mais cette étude surprenante montre qu’un traumatisme peut même altérer l’identité génétique, en interférant directement avec l’ADN.

Études de recherche menées en Suisse.

Le professeur Alain Malafosse, du département de psychiatrie de la faculté de médecine de l’Université de Genève, a démontré que la violence dans l’enfance peut laisser des traces sur l’ADN.

Des études ont révélé que le stress causé par la violence subie par les enfants stimule la méthylation génétique (c’est-à-dire la modification épigénétique) au niveau du promoteur du gène du récepteur des glycocorticoïdes (NR3C1), qui agit sur l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien.

Cet axe intervient dans le mécanisme de gestion du stress ; lorsqu’il est modifié, il interrompt la gestion du stress à l’âge adulte et peut conduire au développement de psychopathologies, comme le trouble de la personnalité limite.

Maltraitance des enfants : recherche menée en Allemagne et au Canada

Une étude menée par un groupe de scientifiques dirigé par le professeur Christine Heim, directrice de l’Institut de psychologie médicale de l’hôpital universitaire Charity de Berlin, et le professeur Jens Pruessner, directeur du Centre d’études sur le vieillissement de la même université, est prévue.

Les images IRM ont été analysées pour examiner 51 femmes adultes victimes de différentes formes d’abus sur les enfants. Les scientifiques ont mesuré l’épaisseur de leur cortex cérébral, la structure responsable du traitement de toutes les sensations.

Les résultats ont montré qu’il existe une corrélation entre les différentes formes d’abus et l’amincissement du cortex, en particulier dans les régions du cerveau qui interviennent dans la perception des abus.

Recherches actuelles sur la relation entre la violence subie pendant l’enfance et la consommation de drogue

Le Dr Martin Teicher et ses collègues ont pu obtenir des images d’imagerie par résonance magnétique (IRM) de 265 adultes âgés de 18 à 25 ans. Ils se sont ensuite appuyés sur les réponses des jeunes à un certain nombre d’outils d’enquête, tels que l’enquête TAI et le questionnaire ACE sur les traumatismes de l’enfance. Les chercheurs ont conclu que 123 sujets avaient subi des violences physiques, émotionnelles ou sexuelles.

Les chercheurs ont ensuite comparé les images IRM des victimes de la violence avec celles des 142 participants qui n’avaient pas été maltraités.

L’analyse a montré que les mauvais traitements étaient associés à des altérations de l’architecture du réseau cortical. Plus précisément, à gauche le cortex cingulaire antérieur (responsable de la régulation des émotions et des impulsions), à droite l’insula antérieure (perception subjective des émotions) et à droite la pécune (responsable de la pensée égocentrique).

L’activité accrue de l’insula antérieure suggère également que le désir irrationnel et incontrôlable de consommer des drogues se manifeste chez l’individu, malgré les conséquences.

Autres conséquences de la maltraitance des enfants

Ce traumatisme interfère également avec la mémoire, l’attention et la capacité à se connaître soi-même. C’est-à-dire que, étant affectées par la circonvolution frontale médiane, les personnes qui ont vécu ou assisté à des actes violents peuvent :

Les régions qui participent à la surveillance de la conscience interne des émotions sont transformées en noyaux d’activité fortement associés et peuvent exercer une plus grande influence sur le comportement. Dans le même temps, les régions qui contrôlent les impulsions perdent leurs connexions et restent reléguées à un travail moins central au sein du réseau.

Ces changements peuvent être à l’origine d’un risque accru de consommation de drogues et d’autres troubles de santé mentale.

 

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